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Regard croisé germano-britannique sur la sélection à l’université

A l’heure où s’ouvre en France un grand débat sur le bien-fondé d’une sélection à l’entrée de l’Université, observons les pratiques de nos voisins britanniques et allemands. En Allemagne, les études supérieures à l’université sont théoriquement ouvertes à tous les détenteurs du baccalauréat. Il n’y a pas en Allemagne de « grandes écoles  » à la française, recrutant principalement leurs étudiants à l’issue de concours. Mais les processus de sélection existent : ils sont fonction des matières et des établissements.

En médecine et en pharmacie, le nombre de places est déterminé au niveau fédéral par une commission qui veille à la répartition géographique des étudiants. Dans certaines matières très demandées, comme le droit, la psychologie, l’économie et la gestion d’entreprise, la plupart des grandes universités (Munich, Berlin, Heidelberg) organisent des procédures d’admission.

Et puis, il existe une sélection dont on ne parle pas assez, celle qui intervient niveau infra-Bac puisque seule la moitié des élèves d’une classe d’âge passe le Bac, les autres se dirigeant vers des formations en alternance ou en apprentissage, largement plus répandues qu’en France. Ceci étant, les « alternants » peuvent obtenir par la suite une autorisation d’accès aux études supérieures, en général limitée à leur domaine de compétence, s’ils justifient d’une formation et d’une expérience professionnelle suffisante.

En Grande-Bretagne prévaut un modèle dit « aspirationnel » consistant à aider les jeunes dès le lycée, à formuler les choix de formation supérieure auxquels ils aspirent, à rebours du système français dit « universaliste » qui sous prétexte de donner accès au savoir à tous, fourvoie in fine nombre de bacheliers dans un système universitaire auquel ils ne sont pas préparés et sur lequel ils achoppent la plupart du temps (70% de taux d’échec en première année de Licence en France). D’où (aurait-on encore besoin de le souligner), l’absolue nécessité de dispositifs d’orientation active pour éviter l’échec.

Décryptage…

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