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Les écoles de production – une solution à l’intégration professionnelle des jeunes

En dépit d’incontestables progrès, la France compte près de 100 000 jeunes décrocheurs scolaires, près d’un quart des moins de 25 ans sont sans emploi. L’intégration professionnelle est devenue pour les jeunes un vrai parcours du combattant.
Cette situation très préoccupante, demande une réponse urgente. Or des solutions aussi concrètes qu’efficaces existent. Nombreux sont ceux qui s’engagent au quotidien auprès de notre jeunesse en s’appuyant sur des dispositifs qui ont fait leurs preuves. Parmi ces acteurs figurent les écoles de production. Ces établissements d’enseignement technique à but non lucratif accueillent des jeunes entre 15 et 18 ans, leur proposent un modèle pédagogique original et les préparent aux CAP et Bac Pro : immergés dans la réalité du monde du travail, les élèves suivent enseignements théoriques et pratiques, mais en un même lieu. « Faire pour apprendre plutôt qu’apprendre pour faire » est leur credo. Les résultats sont là : les jeunes formés au sein des écoles de production intègrent avec succès la vie professionnelle, ou font le choix de poursuivre leurs études à travers un cursus professionnalisant. C’est donc un épilogue salvateur pour ces jeunes, qui n’ont à l’origine pas su ou pu s’adapter au parcours scolaire classique. Ou plutôt l’inverse, le système scolaire n’a pas su valoriser leurs compétences et les mettre en confiance. C’est justement ce qui a le plus souvent manqué à ces élèves : la construction d’une confiance en eux qu’ils retrouvent dans ces écoles de production.
Chaque année, 800 jeunes parmi les 100 000 décrocheurs du pays, sont formés dans les 25 écoles de production en France. A mi-chemin entre apprentissage et lycée professionnel, ces écoles préparent à des métiers en tension dans l’automobile, le bâtiment, la restauration, l’industrie, et le numérique. Les élèves y fabriquent de vrais produits pour de vrais clients, à raison de 25 heures hebdomadaires, tout en suivant dans la même semaine des cours à l’école – deux tiers du temps en atelier, le reste en enseignement général.
Peu connu, ce réseau, dont la première antenne a été créée en 1882 à Lyon, a reçu un coup de projecteur en étant lauréat il y a deux ans du programme « La France s’engage ». A ce jour, plus de 3.000 élèves sont passés par le réseau. « 100 % de nos élèves sortent avec un job « , affirme Dominique Hiesse, président de la Fédération Nationale des Ecoles de Production, qui évalue à 2.000 le nombre d’entreprises partenaires.
Huit écoles sont en projet pour 2018. Mais le déploiement de ces écoles requiert une reconnaissance de leur spécificité par l’Education Nationale. En effet, jusqu’alors non reconnues par l’Etat, le financement de ces écoles dépend pour un tiers de la production réalisée par les élèves et commercialisée ensuite, un tiers par la taxe d’apprentissage, et un tiers par les régions. Un frein qui empêche les élèves de bénéficier d’un statut scolaire. Ils n’ont accès ni aux bourses, ni aux cantines, ni aux transports. La loi « Avenir professionnel » en cours d’examen au Parlement devrait changer cette situation. Espérons-le. Au nom de cette liberté pédagogique et cette capacité d’adaptation qui permettent aux jeunes d’être au plus près des besoins réels de la société.

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