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Les écoles de commerce françaises face à la pensée unique

Le débat a surgi, il y a quelques mois, de manière assez inattendue. Certains observateurs relèvaient l’ « inculture » d’une partie des diplômés des écoles de management, leur méconnaissance de l’histoire, leur difficulté parfois à écrire dans un français correct allant même jusqu’au renoncement, pour certains, à la lecture. Vent d’inquiétude généralisé et course effrénée aux remèdes ont suivi. Redonner du sens, acquérir une vision critique, remettre en perspective deviendraient tout aussi important que rédiger un business plan, développer une stratégie marketing ou s’approprier les techniques de management ou de fusion-acquisition. Depuis, les écoles de commerce rivalisent d’ingéniosité en investissant le champ des humanités (conférences de philosophes et d’artistes ; cours de géopolitique ; cours de littérature ou d’histoire de l’art..) ou en proposant des cours d’éthique ou même de philosophie. Parmi leurs préoccupations premières : le développement d’une pensée diversifiée et critique face à un modèle dominant d’écoles de management d’obédience anglo-saxonne jugé trop uniforme. Comment faire en sorte qu’une autre vision du monde se déploie, que la notion d’engagement citoyen et de contribution sociétale trouvent leur place dans l’offre de formation, au-delà de la performance économique et de la volonté farouche d’une majorité de diplômés d’atteindre rapidement la stratosphère salariale. Car oui, à 23 ans, les salaires se négocient directement en kilos d’euros et non en euros. Les pistes esquissées par certaines écoles sont passionnantes. Par exemple, la vision profondément européenne de l’ESCP qui avec ces cinq campus (Berlin ; Londres ; Paris ; Madrid ; Turin) s’emploie à délivrer une vision contextualisée du management afin de tirer profit des spécificités culturelles propres à chaque pays. Alors que dans les grandes écoles de commerce d’Europe du Nord modelées par une certaine vision de l’éthique, les questions de rentabilité économique ne sont jamais décorrélées des questions sociétales et de l’intérêt général, cette approche plus humaniste du management commence à faire école au sein de l’hexagone. Décryptage….

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