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La vogue des études de design : un marché foisonnant à décoder

S’il y a un bien une discipline « tendance » sur laquelle beaucoup d’écoles se positionnent aujourd’hui, c’est le design. Dans le contexte d’un secteur de l’enseignement supérieur concurrentiel, les écoles affûtent leurs stratégies de captation d’un public étudiant toujours plus attiré par cette discipline mais finalement assez démuni devant l’éventail des programmes de formation (excepté pour les lycéens déjà familiarisés au design via les options arts appliqués proposées par les écoles Boulle, Estienne ou Duperré pour les plus connues). Cela tient à ce que le design est une jeune discipline, à la croisée des SHS, des sciences de gestion, des sciences pour l’ingénieur et qu’à la différence de l’architecture (qui lui est connexe et dont l’enseignement a davantage d’antériorité), le design est né avec la première révolution industrielle, son enseignement n’étant qu’effectif qu’à partir des années 1930. Aujourd’hui, au-delà du profil traditionnel d’étudiants issus de formations en arts appliqués (Manaa ; BTS) qui forment le gros des bataillons des écoles publiques d’art et de design, on voit depuis cinq ans se développer un nombre croissant de formations en design au sein d’écoles privées de commerce, de gestion, d’ingénieurs et même d’architecture. Celles-ci développent des programmes à la croisée du design, de l’innovation et de l’entreprenariat ainsi que des formations centrées sur le design-thinking, cette méthode anglo-saxonne de résolution des problèmes par la créativité et l’approche par les usages qui fait florès bien au-delà du secteur de l’entreprise. Si les écoles publiques d’art et de design valorisent davantage une approche et pratique du design plus artistiques voire « politique » dans le sillage des grands mouvements comme les Arts & Crafts et le Bauhaus, les écoles de commerce et d’ingénieurs s’intéressent au design comme levier de transformation et valeur-ajoutée dans l’entreprise, avec des modules axés sur le design-thinking et le design-management. Le rapprochement design et management est d’ailleurs en plein essor, traduisant une volonté de former une nouvelle génération de managers avec un profil design, en capacité de réconcilier l’économique et le social et de réinterroger la notion de progrès au service de l’humanité. De manière générale, les études en design couvrent des champs d’action pluriels avec des contours disciplinaires encore mal définis (les écoles gagneraient dans l’ensemble à faire davantage de pédagogie sur ses enjeux contemporains): du design de produit, au design de services, en passant par le design interactif, le design UX, le design culinaire, le design pour l’innovation sociale, le « gender design » ou encore le design des politiques publiques, la liste est longue et encore incomplète. Néanmoins, c’est bien à l’émergence d’une nouvelle génération de designers à laquelle nous assistons : une génération qui embrasse les enjeux sociétaux et prospectifs, ceux du développement durable, des datas, de la mobilité, de l’énergie ou de l’innovation sociale visant à la transformation de nos modes de vie. Encore faut-il savoir choisir la bonne école (en France ou à l’étranger), étudier en profondeur son programme pédagogique et son écosystème, s’assurer qu’elle est en phase avec ses valeurs et qu’elle est connectée avec la communauté internationale du design sous la forme de programmes conjoints ou de l’échange de « visiting professors ».

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