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Vins & terroirs: « soft power » de l’enseignement supérieur français.

Des formations aux vins de renommée mondiale ? C’est chose faite. Depuis cinq ans, Dijon, Bordeaux et Reims ont fait du vin une arme de diplomatie massive en direction d’étudiants français et étrangers. Le vin, allié à la connaissance des savoir-faire, des territoires et de leurs spécificités instille désormais l’enseignement supérieur, devenant ainsi le fer de lance des stratégies d’internationalisation.

C’est le cas de la « School of Wine & Spirits Business » au sein de la Burgundy School of Business à Dijon, qui depuis 2013, attire un nombre croissant d’étudiants. Mais elle n’est pas la seule, Bordeaux, Reims, Angers ont aussi leurs formations ad-hoc et c’est dans ces écoles que les « wine makers » et négociants de demain viennent se former. Car faire carrière dans le vin nécessite non seulement de solides connaissances en œnologie mais aussi une compréhension fine des territoires et de leurs codes afin de savoir en parler et, in fine, d’exporter ce qui est l’alpha et l’oméga de l’identité culturelle française. Car ce sont bien tous les maillons de la chaîne du vin qu’il faut maîtriser, des châteaux les plus prestigieux aux négociants en passant par les maîtres de chai, les embouteilleurs et les bouchonniers. « Mieux vous comprendrez la terre, mieux vous en parlerez, mieux vous la vendrez », résume Jacques-Olivier Pesme, Directeur de la « School of business » du groupe Kedge. Ou encore Jérôme Gallo, Directeur de la School of Wine & Spirits Business de Dijon, de souligner : « Gérer ce produit, ce n’est pas seulement gérer une entreprise, mais gérer collectivement une région, s’engager dans l’organisation et la promotion d’un territoire ».

Etudier les métiers du vin à Bordeaux, en Bourgogne ou en Champagne apparaît comme une évidence et représente un atout qu’écoles et universités françaises rappellent à l’envi. C’est sur les traditions et la reconnaissance internationale de ces terroirs, qu’elles construisent leurs formations, attirant un nombre croissant d’étrangers. En 2017, des étudiants de dix-sept nationalités différentes ont suivi le master 2 de la Burgundy School of Business, seize pour la Wine & Spirits Academy bordelaise.

Mais attention, les marchés traditionnels du vin, avant tout européens et cantonnés à la France, l’Italie et l’Espagne s’essoufflent. Des acteurs émergents du Nouveau Monde « ont taillé des croupières à ceux de l’Ancien » et les Etats-Unis, l’Australie et la Chine se sont mis en ordre de marche avec des managers rompus au business et au marketing. Demain, les perspectives de croissance de ce marché seront en Inde et en Afrique. De quoi, donc redoubler d’efforts pour hisser ces formations au top afin de former des experts français (et internationaux) du monde viti-vinicole français. Car ce seront eux les prescripteurs de demain et les futurs ambassadeurs de nos traditions.

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