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Au Royaume-Uni, études supérieures ou apprentissage ?

De l’autre côté de la Manche, l’apprentissage souffre tout comme en France d’un déficit d’image. Pourtant,  le débat est relancé au Royaume-Uni sur l’employabilité des jeunes diplômés quelques jours après la publication d’une étude du ministère de l’éducation – la première du genre – susceptible d’intéresser les jeunes Britanniques prêts à s’inscrire dans une université. Intitulée « Longitudinal Education Outcomes » (LEO), elle est consacrée au parcours professionnel des étudiants ayant obtenu leur diplôme en 2004. Les résultats de cette enquête révèlent que le revenu annuel moyen d’un jeune diplômé sorti de l’université en 2004 s’établissait à 16 500 livres (19 120 euros) un an après avoir obtenu son diplôme, pour passer à 22 000 livres (25 600 euros) trois ans plus tard et atteignait 31 000 livres (36 000 euros) en 2014, soit dix ans après avoir fait son entrée sur le marché du travail.
Directrice générale de The Edge Foundation, une organisation qui promeut l’enseignement professionnel, Alice Barnard commente ces chiffres dans The Guardian : « Les statistiques sont claires : juste après avoir obtenu leur diplôme, de nombreux jeunes sont dans des emplois qui ne nécessitent aucun diplôme ou qui ne correspondent pas au niveau de qualification qu’ils ont atteint. Ces jeunes ont investi non seulement du temps, de l’énergie et des efforts, mais aussi beaucoup d’argent pour obtenir leur diplôme, sans accéder aux emplois dont ils rêvaient. » Or, poursuit Alice Barnard, un apprenti qui termine une formation qualifiante de deux ans dans une grande entreprise telle que Jaguar Land Rover peut espérer gagner environ 30 000 livres (34 780 euros) aussitôt sa formation terminée, et ce, sans s’être endetté. L’université britannique s’est donc fixée comme objectif de permettre à trois millions de jeunes d’accéder à l’apprentissage, même s’il reste beaucoup à faire, notamment pour convaincre les parents, car « 51 % des adultes interrogés déclarent qu’ils aimeraient que leur enfant entre dans l’enseignement supérieur, contre 20 % disant préférer la voie de l’apprentissage ».
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