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L’engagement : le maître-mot d’une nouvelle génération d’étudiants

Jacques Brel disait : « Le seul vrai talent, c’est l’envie. ». Cette maxime, les étudiants se la sont appropriée à commencer par la façon même d’aborder aujourd’hui leurs études. Certes, les étudiants souhaitent réussir leurs examens et trouver un métier à la hauteur de leurs qualifications mais c’est loin d’être aujourd’hui leur seul horizon d’attente. « Laissez-nous apprendre sur le terrain autant qu’on apprend dans les livres!”. “Donnez-nous l’occasion de nous engager!.” Voici leurs nouveaux mots-d’ordre qui font écho à des besoins profonds. L’heure est à la volonté d’engagement, à l’envie croissante de se faire une place dans le monde en se confrontant – parallèlement à ses études – à la vraie vie, pas celle des livres et des cours appris par cœur mais celle, du terrain, de la mise en pratique, de l’entreprenariat et de la rencontre avec l’altérité. Plusieurs facteurs participent de cette évolution : l’internationalisation des cursus, la généralisation des stages en entreprises, le développement des cursus en alternance et l’intérêt croissant des étudiants pour les questions environnementales ou celles de la responsabilité sociale. La révolution pédagogique à l’œuvre dans l’enseignement supérieur favorise également ce changement d’attitude : priorité au travail en équipe, au « project-based learning », aux classes inversées, à l’interactivité…Par ailleurs, les étudiants ont conscience que leur imaginaire des métiers et du travail est déjà obsolète, et que de nombreux autres métiers s’inventent chaque jour sous leurs yeux sans que ceux-ci recouvrent une réalité tangible. C’est dans ce contexte que l’appel d’une jeune étudiante Anne-Pia « Je veux que mes études m’engagent» relayé par François Taddei, Directeur du Centre de Recherches Interdisciplinaires (CRI) à Paris Descartes dans un article paru dans ‘The conservation” (08/09/16) prend tout son sens. Les problèmes auxquels nous faisons face sont complexes, interconnectés, interdisciplinaires et internationaux. Notre éducation devrait pouvoir davantage y répondre mais l’éducation nationale, disciplinaire, fractionnée, trop théorique reste encore prépondérante. Certes, les méthodes pédagogiques tendent à se renouveler mais le problème de fond, lui, reste intact. Pourquoi le monde académique est-il si hermétique à l’engagement ? Pourquoi refuser aux étudiants la chance de s’épanouir en produisant des résultats positifs et concrets ? Pourquoi l’université n’est-elle pas davantage intégrée dans la société ? Autant de questions qui taraudent Anne-Pia laquelle souhaiterait faire collaborer davantage le monde académique et la société en proposant aux universités d’octroyer des crédits « engagement » ou même des diplômes “d’acteurs du changement”. Il y aurait beaucoup de bénéfices à développer davantage le travail collaboratif entre le monde académique et la société, à commencer par l’épanouissement personnel de nos étudiants qui passe par ce qu’ils ont à construire et à offrir aux autres. Ce qu’ils veulent pourrait au fond se résumer à cette phrase : « Faites dans la vie ce que vous avez à donner ». Et comment le savoir, si ce n’est par l’engagement ?

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