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En France, les formations supérieures en mode et luxe se singularisent

C’était officieux depuis longtemps, c’est aujourd’hui réalité. L’Ensad (l’École nationale supérieure des arts décoratifs), Mines Paris-Tech et l’université Dauphine s’unissent pour créer une grande école de mode publique mais non gratuite pour autant. Les étudiants y seront recrutés à bac +3 pour deux ans de formation et sortiront tous avec un master, certains d’entre eux pourront même se diriger vers le doctorat. La création de cette école répond à la volonté de ramener Paris à sa place de capitale de la mode, qui en matière de formation s’était vue voler la vedette ces dernières années par de grandes écoles internationales comme Central Saint Martins à Londres ou encore l’HEAD à Genèves. Notons toutefois que d’autres écoles françaises de mode comme La Fabrique gagnent aussi en attractivité en offrant une alternative aux métiers de la création et du marketing, aujourd’hui plutôt saturés. Misant sur des formations en alternance hautement qualitatives avec des grands groupes comme Hermès ou les Compagnons du devoir, elles mettent en avant des formations plus techniques liées à l’habillement ou à la maroquinerie sellerie complétées par l’acquisition d’outils de merchandising et de vente. D’autres écoles font le choix de former prioritairement au retail off-line et on-line, enjeu central du monde de la mode et du luxe aujourd’hui. A l’heure où l’interpénétration du luxe on et off-line est toujours plus prégnante, les formations ont fort à faire pour former des diplômés capables d’aller à la conquête des territoires off-line et digitaux qui se singularisent toujours plus. Si l’immersion digitale du client (au travers d’un acte d’achat en e-commerce) reste une des voies de l’innovation pour le luxe, elle n’est plus la seule. Les écoles de mode intègrent désormais dans leur formation de plus en plus des problématiques de design sensoriel ou d’expériences utilisateur afin d’enrichir la réputation d’un groupe ou d’une marque grâce à une expérience en magasin inédite. Si la puissance de l’image d’une marque se mesure sur le web, l’élaboration d’un contenu et l’expérience du vécu émotionnel sont tout aussi importants. Le consommateur a besoin d’être confronté au réel et à la notion de durée qui s’inscrit dans le produit manufacturé, alors même que l’éphémère digital empêche souvent la création d’une histoire. Preuve si tant est qu’elle soit nécessaire que la reconquête d’une marque ne peut uniquement se dérouler sur le terrain du digital et que beaucoup de grandes enseignes investissent les terrains de l’art, des enchères et de l’histoire pour développer une vraie puissance offline. Les enjeux sont donc multiples et les écoles misent toutes sur des stratégies diversifiées afin d’y répondre au mieux.

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