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Pourquoi les doubles cursus ont-ils la cote en France ?

Encourager le partage des savoirs, ouvrir les horizons, favoriser l’invention et l’innovation : ceci est le dénominateur commun des doubles diplômes qui font florès aujourd’hui en France. Ingénieur-manager, ingénieur-architecte ou encore ingénieur-designer, les grandes écoles ne raisonnent plus en terme de silo mais misent désormais sur les croisements, le maillage disciplinaire et tout ce qui, en somme, vient favoriser la sérendipité, ce concept désignant cette capacité à tirer profit de circonstances imprévues.

Les premières grandes écoles à avoir mis en place ces formations bi-diplômantes sont les écoles d’architecture et leurs consœurs, les écoles d’ingénieurs. Onze écoles d’ingénieurs proposent des doubles cursus de ce type en France, en créant un pont avec une école d’architecture, permettant ainsi l’obtention d’un diplôme d’ingénieur et d’un diplôme d’Etat d’architecte. Longtemps cantonné au schéma des Beaux-Arts, les écoles d’architecture gagnent ainsi à croiser leurs approches plus artistiques avec celles, plus rationnelles et techniques, des ingénieurs et vice-versa.

Ceci répond aussi à la volonté de mieux positionner les formations françaises en architecture à l’international. En s’alignant sur les curricula existants de très haut niveau comme le Polytechnico à Milan ou l’ETH à Zurich qui croisent depuis longtemps cette double approche, les écoles d’architectures veulent s’émanciper de leur image d’écoles formant des artistes, génie du dessin et adeptes de la forme. L’architecte doit être aussi pétri de culture technique. Il doit pouvoir penser la forme et les usages et dans le même temps, être familier des calculs de structure et de la résistance des matériaux. C’est bien la réconciliation de deux cultures, l’une visant à considérer les architectes comme des « doux rêveurs », l’autre cantonnant les ingénieurs à des « esprits rationnels, axés solution », qui constitue, entre autres, la valeur-ajoutée de ces formations.

Enfin, le contexte du Grand Paris et de ses donneurs d’ordre publics (la Société du Grand Paris, les collectivités) offre aux profils d’étudiants de ces doubles cursus un terrain d’expérimentation grandeur nature. Avec les travaux d’ampleur qui s’annoncent dans les prochaines années (nouvelles gares ; construction de voies de métro ; infrastructures diverses et variées), les étudiants architecte-ingénieur avec l’aide parfois de designers mettent en commun leurs approches afin de proposer des solutions innovantes en termes d’usages, d’optimisation des flux urbains ou d’aménagement des espaces. C’est bien le croisement des approches et des échelles dans une logique d’intelligence partagée qui favorise la sérendipité, donc l’innovation et attire aujourd’hui un nombre croissant d’étudiants dans ces formations prometteuses !

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