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Culture générale au sein de l’enseignement supérieur : pourquoi il faut y revenir à tout prix !

Dans une société majoritairement indéxée sur la performance économique et la foi aveugle en la technique et ses prouesses, la question du bien-fondé de la culture générale est en crise. On a parfois le sentiment que notre système de l’enseignement supérieur dans son ensemble forme des individus «skillés» disposant d’un «set» de compétences métiers ou techniques (pardon pour le double anglicisme), capables de répondre et de correspondre à une certaine forme de rationalité économique. Cette vision utilitariste de l’enseignement supérieur, plutôt dominante aujourd’hui, est de plus en plus dictée par le court-terme et l’assujetissement à la rentabilité. Elle tend, par conséquent, à réduire l’individu (au sens de l’honnête homme du XVIIème) et la pensée (j’ose dire critique) à peau de chagrin. Une vision de l’éducation plus holistique, réinstaurant le temps long et soucieuse d’un certain idéal de l’homme aurait-elle été abandonnée ? Le récent débat sur la place (ou désertion) de la culture générale dans les écoles de commerce est, de ce point de vue, assez édifiant. L’humanisme semble s’être évaporé. La notion de « culture générale » a perdu du terrain et notre société postmoderne peine à définir son idéal. Ce faisant, elle ne sait plus ce qu’elle doit transmettre à ses enfants et cette crise de la transmission enclenche un cercle vicieux de perte de sens. Pourtant comme le rappelle le Ministre de l’Education, Jean-Michel Blanquer, notre société n’a qu’à puiser dans ses origines pour trouver ce qui pourrait structurer sa vision et sa visée. La force civilisatrice de la Grèce antique reposait sur un idéal de l’homme. La « paideia » était la formation à une culture large (grammaire, rhétorique, mathématiques, musique, philosophie, géographie, histoire naturelle, gymnastique) qui ouvrait la voie à l’acquisition des vertus cardinales : tempérance, courage, sagesse et justice. C’est pourquoi, il est urgent d’injecter une bonne dose de culture générale au sein de l’enseignement supérieur et de faire évoluer le champ des humanités afin qu’il corresponde aux humanités du XXIe siècle. Comme nous le rappelle le Ministre de l’éducation, « nous avons besoin de « collèges des humanités » qui préparent (pendant une ou deux années) le futur adulte responsable à un idéal de vie sur des bases non seulement scientifiques et techniques, mais aussi éthiques et esthétiques ». Soulignons d’ailleurs que la plupart des systèmes étrangers qui réussissent ont cette approche propédeutique de l’entrée dans l’âge adulte. L’approche dite 3-5-8 structure notre enseignement supérieur mais l’expérience nous montre que c’est le niveau bac + 2 qui correspond à une sélection mieux faite et à un encadrement plus proche des étudiants. Décryptage avec Jean-Michel Blanquer…

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